Même si le but premier de son orphelinat était de se nourrir sans fatigue, ni risque de pénurie, elle donna une réelle éducation à toutes les petites filles qu’elle accueillit au fils des années. Les moins douées apprenait à devenir de bonne petites servantes très efficaces, Mais les autres… Celles qui avaient un réel potentiel avaient la chance rare d’apprendre à écrire, à lire, à compter… Voir, pour les plus doués encore, des études.
Pour cette chance unique, ainsi que tous les bienfaits dont elle couvrait ses petites protégées, Gabrielle était considérée comme un ange venu du ciel par ces dernières. Il faut dire aussi que le fait de ne se vêtir que de teintes blanches ou approchante de la tête aux pieds, et cela chaque jour, y était quand même pour beaucoup dans ce sentiment. Après tout, le blanc n’est-il pas la couleur des dits anges..?
La vampire savait qu’elle était belle… Elle était même très belle. Mais elle savait aussi pertinemment que son apparence était assez dure, et que cela lui donnait un air plutôt sévère, Sans compter que son attitude était très souvent dominatrice, même si elle tentait de se réfréner en présence de ses pensionnaires. C’est pourquoi, elle avait définitivement décidé de ne se vêtir quasi exclusivement que de blanc, cette couleur symbolisant la pureté, la bonté, la gentillesse. cela allait à l’encontre de toute logique vampire de s’habiller de cette unique couleur généralement honnie, et cela aussi elle le savait parfaitement.
Mais ainsi vêtue, qui irait s’imaginer qu’elle pouvait être une ténébreuse créature de la nuit qui s’abreuvait de l’essence même des mortels.. ?
Personne, bien évidemment… Pas même ses malheureuses victimes qu’elle invitait couramment à venir tout près d’elle afin de leur offrir un peu de cette tendresse qui leur faisait cruellement défaut, et dont elle embrassait le cou entre deux morsures nourrissantes tellement délicates que jamais aucune d’entre elles ne fut remarquer par ses calices bien involontaires. Gabrielle ne tuait pas ses petites orphelines, car cela aurait fini par se remarquer et elle aurait du très vite abandonner cette formidable couverture que l’orphelinat lui fournissait si efficacement. En réalité, elles lui servaient simplement d’en-cas lorsque l’envie lui en prenait, se rabattant plutôt sur ses servantes pour ce qui était du plat de résistance. D’ailleurs, un bon nombre des orphelines formée à la servitude par les employées de l’orphelinat finirent par trouver une place dans son propre château, ou généralement elle n’employait que le « meilleur sang… »
Cette astucieuse (et certainement unique en son genre à l’époque) idée, à savoir exploiter la misère des mortels afin de se constituer une source d’approvisionnement de jeunes filles et de sang frais, fonctionna sans jamais être troublé par le moindre incident que ce soit, si l’on excepte les curieux un peut trop entreprenant dont Gabrielle dut se débarrasser. La vampire détestait par-dessus tout se débarrasser des corps qu’elle venait de vider de leur sang. En général elle s’abreuvait, et puis abandonnait le corps dans un coin sombre… Après tout, qui s’inquièterait plus que de raison d’un cadavre exsangue.. ?
Mais avec le vivier qu’elle avait réussi à se constituer, il était hors de question de prendre le moindre risque de tout perdre. Heureusement pour elle, son château possédait une joli petit étang assez profond, qui lui fut ma foi fort utile lors de ces repas occasionnels.
Tout cela perdura une bonne quarantaine d’années au cours desquelles Gabrielle festoya généreusement, associant parfois le plaisir de la bouche et le plaisir des sens, avec ses repas. Elle-même ne saurait dire avec exactitude pourquoi elle préférait les jeunes filles, même en ce qui concernait le plaisir charnel… Et finalement, la réponse lui importait vraiment peu.
Malheureusement, tout cela prit fin vers l’an 1708, lorsqu’un curieux, un de plus, s’intéressa de trop près à son « activité » caritative. Elle pensait s’en débarrasser aussi facilement que les précédents, mais ce dernier se révéla en fin de compte bien plus résistant… Et surtout, bien mieux préparer que nul autre auparavant. Ce fut la, son premier contact avec ce qui est le pire cauchemar de tout buveur de sang… Un chasseur de vampire, bien décidé à faire son travail.
La lutte fut âpre, car même si Gabrielle était nettement supérieure à son assassin, ce dernier avait pour lui l’avantage de l’expérience… Il connaissait son adversaire, ce qui n’était pas vraiment réciproque. La bataille dura une dizaine de minutes, car empêtré dans sa longue et lourde robe immaculée, la vampire ne pouvait bouger aussi rapidement qu’elle le souhaitait. Une servante entra alors dans la pièce, intrigué par le bruit de causa le combat des deux adversaires. Aussitôt, Gabrielle l’agrippa par les épaules et l’envoya avec force s’écraser contre le chasseur de vampire qui, sous la violence du choc qu’il ne parvint pas à éviter, se retrouva à terre, estourbi et gêné par la servante un peu plus lucide grâce à l’amortissement que lui avait fourni le corps de l’assassin.
A une vitesse surnaturelle, Gabrielle se précipita alors vers les deux mortels encore sous le choc, et d’une main ferme brisa net le cou de son agresseur avant de fondre avec férocité sur le cou laiteux de la malheureuse servante et de la vider de son tiède nectar jusqu’à ce que son cœur cesse définitivement de battre. Voilà… Il n’y avait plus ni agresseur, ni témoin…
La vampire se débarrassa des deux corps le soir même, en les jetant dans l’étang situé non loin de son château. Elle prit tout de même soin de fouiller les poches du chasseur de vampire, et y trouva une missive émanant visiblement d’un haut dignitaire du clergé. D’après ce qu’il était écrit, elle put en conclure que cet homme travaillait pour le vatican. Il semblait donc que l’église connaissait de manière effective l’existence des vampires, et qu’elle avait très sérieusement décidé de les exterminer. Gabrielle en resta toute surprise… Jamais elle n’aurait imaginé que le clergé traquait ses semblables, afin de les éradiquer de la surface du globe. Cette surprenante nouvelle changea alors sérieusement sa vision du monde tel qu’elle le concevait, et se dit aussitôt que d’autres assassins risquaient de venir à leur tour.
Elle savait qu’elle n’était plus en sécurité, et qu’elle devait absolument partir le plus tôt possible.
La vampire maudit méchamment l’état saint de lui faire abandonner ses petites orphelines tellement précieuses à ses yeux, mais elle se résigna. En trois jours, tout fut bouclé : Elle organisa la subsistance de son orphelinat en confiant certain de ses fonds à un homme de confiance qui les investiraient dans diverses affaires, et ainsi permettrait à la nouvelle responsable de l’orphelinat, en l’occurrence sa directrice-adjointe, d’être complètement autonome. Bien évidemment, ce n’était pas la une bonté d’âme désintéressée… Gabrielle voulait garder un cheptel de sang frais, au cas ou elle serait amené à revenir un jour prochain. Trois jours… Et elle disparut définitivement. Officiellement, elle partait pour l’étranger afin de visiter le monde et ses nombreuses merveilles…
Elle disparut durant plus deux siècles, sans jamais se poser plus de quelques mois en un endroit précis. Elle visita le monde dans son intégralité, et à son grand étonnement, ne rencontra pas autant de vampire qu’elle aurait pu le penser. Ceux de sa race était-il donc si peu nombreux ?
Certains voulurent la dominer, la réduire au simple rang de favorite ou bien encore d’esclave soumise… Elle les tua tous sans hésiter. Il ne fallait surtout pas s’y tromper… Si ses vêtements étaient toujours d’une blancheur unifié, son âme elle, était loin de l’être…
Londres, 1922… La comtesse Gabrielle de Bathory, toujours en descendance directe de la maintenant célèbre comtesse sanglante, s’installa dans un somptueux hôtel particulier au style victorien, à quelques centaines de mètres d’un pensionnat huppé pour jeune fille. Après plus de deux cents longues années d’errances, la vampire s’était enfin décidé à se poser pour une période indéterminée. Rien de notable ne vint troubler la vie de la vampire durant ces années du milieu du vingtième siècle, et c’est donc paisiblement qu’elle put se repaître de la sanguine fraîcheur des jeunes et adorables pensionnaires successives de la Huntington’s high school, le pensionnat nommé précédemment qu’elle pouvait notamment apercevoir du troisième étage de sa luxueuse demeure….
Lorsque les rumeurs d’une guerre en Europe se firent de plus en plus présente en ce début d’année 1939, Gabrielle décida de quitter l’Angleterre afin de se rendre aux Etats-Unis. Elle savait par expérience qu’une guerre n’était jamais à l’avantage des êtres vampiriques, car alors le gibier se faisait de plus en plus rare et de moins en moins de bonne qualité. Une fois de l’autre côté de l’atlantique, La vampire s’installa dans la ville de New York, et plus précisément dans le comté de westchester. Elle acheta un ancien manoir isolé, mais toutefois assez proche de la ville pour pouvoir s’y rendre en une rapide envolée lorsque le besoin de se nourrir se ferait sentir. Par chance, les Etats-Unis devinrent au fil des décennies une sorte de nation vouée à l’apparence, et la beauté apparue alors comme l’une des principales préoccupations des américains, mais surtout des américaines… Jeunes, moins jeunes… Des beautés jusqu’ici ignorée se révélèrent alors à la lumière du jour… Et de la nuit. De fait, Gabrielle élargit légèrement ses critères de sélection culinaire, gardant toutefois sa préférence initiale envers les jeunes filles à la beauté naturellement épanouie. Bien évidemment, ce genre de proie devenait de plus en plus difficile à dénicher dans une telle société basée sur l’image de soi-même, mais lorsqu’elle en tenait une entre ses mains…
En général, elle ne la tuait pas lors du premier repas. Elle l’enlevait et la consommait durant plusieurs mois, lui laissant le temps de se remettre entre deux repas. La comtesse, comme l’appelait les gens qu’elle côtoyait régulièrement, amusé d’avoie une véritable aristocrate dans un pays ou la noblesse aristocratique n’avait pas vraiment de réelle signification, avait fait installer des cachots dans le sous-sol de son manoir, et en avait fait insonoriser les murs et le plafond. Ainsi, ses victimes pouvaient-elles hurler de tout leur souffle… Le sang était tellement plus exquis lorsque que le cœur battait à un rythme précipité… La saveur en était encore plus grande lorsque la proie se débattait en une lutte illusoire, mais hélas… Hélas… Au bout de quelques repas, cette dernière n’avait plus la force, ou bien peut-être l’envie, de se débattre…
C’est pourquoi de telle proie, devenant de plus en plus difficile à trouver avec le temps, était précieusement manipulée par la vampire.
Au cours du millénaire suivant, Gabrielle partagea son temps entre les principales capitales du monde. Vivant ici le temps d’une ou deux générations, là, l’espace d’une vie mortelle… Toutefois, elle ne dérogea jamais à ses fidèles habitudes, et elle s’arrangeait, dans la mesure du possible, pour demeurer auprès d’un quelconque pensionnat de jeunes filles dont elle se délectait, avec toujours cette envie presque maladive, de les posséder entièrement. Finalement, elle repensa son idée d’orphelinat qui avait été la sienne du temps de sa jeunesse vampirique, et elle commença très sérieusement à envisager de recommencer. Mais la couverture de l’orphelinat ne pouvait plus être, étant donné les droits qui avaient été accordé aux enfants, et la protection que les états leur prodiguaient au travers des multiples services de l’enfance. Non, Gabrielle le savait… Maintenant, elle devrait passer par le privé… Même si elle n’échapperait pas aux lois sur la protection de l’enfance, au moins n’aurait-elle de compte à rendre à personne concernant la gestion et l’organisation de son établissement. A l’aube du vingt-deuxième siècle, Gabrielle choisit de se réfugier au pays du soleil levant. Là encore, elle s’amusa sans doute du paradoxe par rapport à sa nature vampirique.
C’est donc aux alentours de l’année 3007, que la comtesse de Bathory, descendante d’une lignée de plus en plus longue, s’installa au Japon… Plus précisément, elle choisit la capitale nippone afin de réaliser son nouveau projet. Cette fois-ci, elle délaissa l’idée de l’orphelinat, lui préférant celle du pensionnat réservée exclusivement aux jeunes filles. Mais un pensionnat réservée à l’élite, ou non seulement elle pourrait se constituer un vivier de jeunes beautés, mais ou en plus elle pourrait s’en faire des alliées de choix et entièrement soumise à elle dans le futur, la plupart de ces jeunes filles étant destiné à finir à la tête de bien des fortunes à travers le monde. Grâce à elles et à leurs descendantes, Gabrielle espérait bien se construire un empire financier des plus important. Toutefois, elle décida de consacrer un pourcentage de son établissement à des jeunes filles méritantes, mais totalement déshéritées. Des jeunes filles capable, mais qui ont eu la malchance de naître dans la pauvreté et la misère… L’expérience le lui avait appris… La générosité et le désintéressement étaient des armes des plus puissantes, pour tromper les mortels… Avec le temps, son projet prit forme. Gabrielle trouva un superbe établissement qui fut autrefois un hôtel de grand luxe entouré d’un gigantesque parc, légèrement en retrait du cœur de Tokyo. Une sorte de havre de paix, dans la tumulte de la mégalopole Tokyoïte. Elle y engagea de grands professeurs, dans tous les domaines. L’ancien lieu de tourisme fut entièrement rénové afin d’accueillir des pensionnaires exigeante, et la partie éducative côtoya une diversité de loisirs, allant du plus basique au plus technologique. Ainsi naquit ‘’Le rêve bleu’’, un nom que Gabrielle choisi, pour la douceur et l’innocence sage qui s’y reflétait de manière inconsciente dans les esprits. Là encore, son titre de comtesse était d’une grande importance selon elle. Il rassurait les parents fortuné, et cela faisait forte impression sur le japonais qui vouaient une grande passion pour l’Europe et son histoire… Deux raisons, qui poussèrent bien évidemment la vampire à mettre en avant son titre de noblesse, afin d’attirer ses pensionnaires.
Aujourd’hui, le rêve est devenu réalité. Le pensionnat de Gabrielle fonctionne à merveille, et peu à peu elle s’est reconstitué un vivier de proies choisies, afin de subvenir régulièrement à sa soif si particulière. Elle à même décidé de vivre tout près de ses ‘’précieux trésors’’, en occupant les deux derniers étages de son établissement dont elle à fait sa résidence principale. Quand au sous-sol de l’établissement, hé bien… Disons simplement que Gabrielle n’a, la encore, pas dérogé à ses vieilles habitudes… Pour le moment, l’immortelle n’a pas eu l’occasion de rencontrer les autres vampires de la cité, tant la mise en place de son projet lui à occupé tout son temps. Mais maintenant que celui-ci est sur les rails, Nul doute que l’une de ces rencontres finira certainement par arriver tôt ou tard…
Ce que vous comptez faire à Tokyo : Tenir mon pensionnat de jeunes filles nommé le rêve bleu…
Avis joueurs :Ou avez vous connu Tn : Autre forum...